OpenAI, par le biais de ChatGPT, cherche à s’imposer comme un concurrent sérieux de Google Search.
Pourtant, selon plusieurs rapports récents, l’organisation s’appuie en partie sur les résultats de recherche de Google, via un service tiers, pour répondre en temps réel à certaines requêtes.
Une dépendance à Google Search via SerpApi
Selon The Information, OpenAI utilise un service de scraping appelé SerpApi pour récupérer des résultats de recherche Google.
Ces données servent à enrichir ChatGPT sur des sujets évolutifs comme l’actualité, le sport ou les marchés financiers.
Ce sont des domaines où l’IA d’OpenAI, bien qu’avancée, montre encore des limites en matière de données fraîches.
Cette approche permet à OpenAI de contourner l’absence d’un accès direct aux données de Google, tout en offrant aux utilisateurs des réponses plus précises et actualisées.
Un paradoxe stratégique assumé
Ce recours à Google est d’autant plus remarquable que ce dernier a expressément refusé à OpenAI l’accès à son index de recherche en 2023.
OpenAI voulait s’en servir pour développer son propre moteur de recherche, mais la firme de Mountain View s’y est opposée.
Des tests indépendants ont confirmé cette dépendance implicite.
Un ancien ingénieur de Google a publié des pages web fictives, visibles uniquement via Google. ChatGPT a ensuite réussi à en reproduire le contenu, prouvant ainsi qu’il utilisait des résultats issus du moteur de recherche de Google — probablement via SerpApi.
Selon Nick Turley, cadre chez OpenAI, environ 80 % des requêtes des utilisateurs sont aujourd’hui traitées par les systèmes internes. Mais l’objectif affiché reste de couvrir 100 % des recherches via un index maison.
Un cap ambitieux qui nécessitera encore des années de développement.
Des implications juridiques et concurrentielles
L’utilisation indirecte de Google par OpenAI soulève des enjeux éthiques et légaux.
Peut-on sérieusement concurrencer une entreprise tout en s’appuyant sur ses ressources, même via des intermédiaires ?
Cette stratégie pourrait également raviver les tensions autour des droits liés au contenu indexé et aux APIs publiques ou privées.
Le cas met en lumière la difficulté à bâtir un moteur de recherche temps réel sans dépendre de géants déjà établis.
Même des acteurs puissants comme OpenAI doivent encore s’appuyer sur l’écosystème qu’ils cherchent à remplacer.
Une ambition de moteur de recherche autonome
OpenAI développe depuis plusieurs mois une version de ChatGPT intégrant la recherche.
Initialement baptisé « SearchGPT », ce service a été lancé en 2024, puis intégré aux offres payantes de ChatGPT.
Il combine IA générative et citations de sources issues du web, pour offrir une réponse hybride entre moteur de recherche et assistant personnel.
Mais sans accès natif aux index massifs comme celui de Google, OpenAI reste pour l’instant en position d’équilibriste : innover tout en empruntant des chemins détournés.