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Les marchés actions européens affichent des perspectives modérées pour 2026 avec un rendement total attendu autour de 6%.
Cette prévision émane d’ODDO BHF Asset Management, qui mise sur une progression des cours de seulement 3% complétée par environ 3% de dividendes.
Laurent Denize, directeur des investissements chez ODDO BHF AM, explique cette prudence par des valorisations déjà tendues et une croissance des bénéfices peut-être surestimée par les marchés.

Des prévisions de croissance jugées optimistes

Les investisseurs tablent actuellement sur une croissance des bénéfices des entreprises européennes d’environ 12% en 2026.
Pour ODDO BHF AM, cette anticipation paraît excessive au regard du contexte économique européen.
L’Allemagne devrait certes bénéficier de mesures de relance budgétaire, mais la croissance du PIB n’est attendue qu’à 1,5% outre-Rhin.
La zone euro dans son ensemble ne devrait afficher qu’1,1% de croissance, un rythme insuffisant pour justifier l’optimisme actuel des marchés.
Cette déconnexion entre les attentes des investisseurs et la réalité économique constitue un facteur de risque pour les valorisations boursières.

Valorisations tendues qui limitent la progression

Le ratio cours/bénéfice prévisionnel à 12 mois des actions européennes s’établit actuellement autour de 16.
Ce niveau de valorisation laisse peu de marge de manœuvre pour une revalorisation significative des multiples.
ODDO BHF estime le potentiel de progression des valorisations à seulement 3% pour 2026.
Cette limitation reflète la prudence des investisseurs face à des actifs déjà bien valorisés après deux années de forte hausse.
La comparaison avec les moyennes historiques confirme que les marchés européens évoluent dans une fourchette haute de valorisation.

Les dividendes, pilier du rendement 2026

Dans ce contexte de progression limitée des cours, les dividendes prennent une importance particulière.
Le rendement estimé des dividendes sur les actions européennes s’élève à environ 3% pour 2026.
Cette composante représente la moitié du rendement total attendu, soulignant l’attrait des valeurs distributrices.
Les investisseurs recherchent ainsi des entreprises capables de maintenir ou d’augmenter leurs versements dans un environnement de croissance modérée.
Les sociétés des secteurs traditionnels comme les services aux collectivités et les télécommunications pourraient particulièrement bénéficier de cette tendance.

Risques de consolidation après deux années fastes

Les marchés boursiers européens ont enregistré de solides performances ces deux dernières années.
Cette dynamique positive pourrait connaître une pause en 2026, selon les analystes d’ODDO BHF.
Les valorisations légèrement au-dessus de leurs moyennes historiques justifient cette prudence.
Les primes de risque relativement réduites laissent peu de coussin de sécurité face aux éventuelles turbulences.
Une correction technique de 5 à 10% reste envisageable sans remettre en cause les fondamentaux économiques.

Incertitudes géopolitiques et économiques

Le contexte géopolitique international demeure une source d’inquiétude pour les investisseurs.
Ces incertitudes, combinées aux tensions économiques, pourraient provoquer de faibles consolidations en cours d’année.
Laurent Denize précise qu’une correction plus significative nécessiterait une conjonction de facteurs négatifs.
Il faudrait notamment observer une baisse des ratios de valorisation et une chute des marges des entreprises, caractéristiques d’un ralentissement économique marqué.
Les relations commerciales internationales et les politiques monétaires constituent les principales variables à surveiller.

Impact des politiques monétaires européennes

La Banque centrale européenne maintient une approche prudente dans sa politique monétaire pour 2026.
Les taux d’intérêt directeurs pourraient connaître des ajustements limités face à l’inflation qui reflue progressivement.
Cette stabilité relative des taux soutient indirectement les valorisations actions, même si elle limite les possibilités de stimulus.
Les investisseurs surveillent attentivement les communications de la BCE pour anticiper les évolutions de politique monétaire.
L’équilibre entre soutien à la croissance et maîtrise de l’inflation reste délicat dans le contexte économique actuel.

Stratégie obligataire défensive

Face à ces risques, ODDO BHF AM privilégie l’allongement des maturités obligataires dans ses fonds diversifiés.
Cette approche vise à offrir une protection en cas de dégradation du contexte économique.
Les obligations longues pourraient bénéficier d’un mouvement de fuite vers la qualité si les marchés actions se fragilisent.
Cette stratégie défensive témoigne de la vigilance requise dans l’environnement d’investissement actuel.
La duration étendue des portefeuilles obligataires permet de capter les éventuelles baisses de taux en cas de ralentissement économique.

Rotation sectorielle et opportunités spécifiques

Malgré la modération des perspectives générales, certains secteurs pourraient tirer leur épingle du jeu.
Les entreprises européennes exposées à la reprise allemande via les mesures de relance budgétaire représentent des opportunités.
Les valeurs technologiques et industrielles pourraient bénéficier de ces investissements publics.
La sélectivité devient donc déterminante pour dépasser la performance moyenne du marché.
Les secteurs de l’énergie renouvelable et de l’infrastructure continuent d’attirer les capitaux dans une logique de transition énergétique.

Comparaison avec les marchés américains

Les perspectives européennes contrastent avec l’optimisme persistant sur Wall Street.
Les marchés américains continuent d’afficher des valorisations plus élevées, soutenues par la croissance des géants technologiques.
Cette divergence pourrait créer des opportunités d’arbitrage pour les investisseurs internationaux.
L’Europe offre potentiellement un meilleur rapport risque/rendement ajusté aux valorisations actuelles.
La sous-performance historique des actions européennes face aux américaines pourrait s’atténuer en cas de normalisation des valorisations.

Implications pour les investisseurs particuliers

Les investisseurs particuliers doivent adapter leurs stratégies à ces perspectives modérées.
Un horizon de placement à long terme reste recommandé pour lisser la volatilité attendue en 2026.
La diversification géographique permet de réduire l’exposition aux spécificités du marché européen.
Les Plans d’Épargne en Actions (PEA) conservent leur attractivité fiscale pour les résidents français.
L’investissement programmé via des versements réguliers limite l’impact du market timing et profite des éventuelles corrections.

Recommandations stratégiques

Dans ce contexte, les investisseurs sont invités à modérer leurs attentes de performance pour 2026.
Un rendement total de 6% sur les actions européennes représente néanmoins une rémunération attractive dans l’environnement de taux actuels.
La diversification entre actions et obligations longues semble appropriée pour naviguer dans cette période d’incertitudes.
Les stratégies axées sur les dividendes et la sélectivité sectorielle pourraient surperformer dans ce contexte de croissance modérée.
La patience et la discipline d’investissement restent les maîtres-mots pour réussir dans ce marché en transition.