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Wall Street a terminé la séance de vendredi en forte baisse, plombé par des données d’inflation plus élevées que prévu et des doutes croissants sur les valorisations dans le secteur de l’intelligence artificielle.
Le Dow Jones a perdu 1,21% à 48.902 points, tandis que le S&P 500 a cédé 0,59% à 6.868 points et le Nasdaq a reculé de 0,69% à 22.720 points.
Cette séance difficile intervient dans un contexte de prudence généralisée des investisseurs face aux géants technologiques, notamment après la chute de plus de 5% de Nvidia jeudi.
Les volumes d’échanges ont été particulièrement soutenus, reflétant l’inquiétude croissante des investisseurs institutionnels.

L’inflation surprise désagréablement les marchés

L’indice des prix à la production américains de janvier a progressé de 0,5% en rythme mensuel, dépassant largement le consensus Bloomberg de 0,3%.
Sur un an, cette hausse atteint 2,9% contre 2,8% attendu par les analystes de Wall Street.
Plus inquiétant encore, l’indice hors alimentation et énergie a bondi de 0,8% sur un mois, soit bien au-delà des 0,5% anticipés par les économistes.
L’indice de la demande finale hors produits alimentaires, énergie et services commerciaux a progressé de 0,3% en janvier, marquant la neuvième hausse consécutive.
Sur les douze mois clos en janvier, les prix de cette catégorie ont augmenté de 3,4%, un niveau qui interpelle les responsables de la politique monétaire.
Cette résurgence des pressions inflationnistes ravive les craintes d’une inflation persistante et complique considérablement la tâche de la Réserve fédérale américaine.

Les doutes sur l’IA pèsent sur la tech

Le secteur technologique continue de souffrir des interrogations sur la soutenabilité des investissements massifs en intelligence artificielle.
Nvidia perd encore 2% vendredi après sa chute de 5% de la veille, malgré des résultats financiers solides dévoilés cette semaine.
Les investisseurs s’inquiètent de plus en plus de la capacité des « hyperscalers » comme Amazon, Microsoft et Google à maintenir leurs dépenses colossales en infrastructures IA.
Les analystes de Goldman Sachs et Morgan Stanley ont récemment exprimé leurs réserves sur les retours sur investissement de ces dépenses gigantesques.
Cette prudence se propage rapidement à l’ensemble du secteur technologique, particulièrement sensible aux variations de sentiment du marché.
Les valorisations élevées de nombreuses valeurs tech rendent le secteur vulnérable aux corrections brutales.

OpenAI lève 110 milliards dans un tour historique

La journée a été marquée par l’annonce spectaculaire de la levée de fonds d’OpenAI, qui boucle un financement de 110 milliards de dollars.
Cette opération colossale, menée par Amazon (50 milliards), Nvidia (30 milliards) et SoftBank (30 milliards), porte la valorisation pré-opération à 730 milliards de dollars.
Le créateur de ChatGPT renforce ainsi ses partenariats stratégiques tout en rassurant sur la continuité de ses relations avec Microsoft.
Amazon Web Services devient le fournisseur exclusif de distribution cloud tiers pour OpenAI Frontier, qui permet aux organisations de créer et déployer des équipes d’agents d’IA.
OpenAI utilisera par ailleurs 2 gigawatts de capacité Trainium via l’infrastructure AWS pour répondre à la demande croissante.
Cette levée record témoigne de l’appétit insatiable des investisseurs pour l’IA générative, malgré les interrogations boursières sur la rentabilité.

Block s’envole malgré les licenciements massifs

Block (+17%) a surpris les marchés en annonçant la suppression de près de la moitié de ses effectifs, soit plus de 4.000 postes sur 10.000 employés.
Jack Dorsey, dirigeant du groupe et ancien patron de Twitter, justifie cette décision drastique par un investissement majeur dans l’intelligence artificielle.
Paradoxalement, le titre s’envole alors que les résultats du groupe restent solides, avec une croissance de 24% de la marge brute au quatrième trimestre à 2,87 milliards de dollars.
Le bénéfice opérationnel s’améliore de 17% à 485 millions de dollars et le bénéfice par action dilué ajusté atteint 65 cents, en hausse de 38%.
Block relève d’ailleurs ses prévisions 2026, tablant sur une marge brute en hausse de 18% et un BPA ajusté amélioré de 54% à 3,66 dollars.
Cette réaction positive des investisseurs illustre l’appétit du marché pour les entreprises qui rationalisent leurs coûts au profit de l’IA.

Bataille titanesque pour Warner Bros Discovery

Le secteur des médias connaît un bouleversement majeur avec le retrait surprise de Netflix (+8,6%) de la course au rachat de Warner Bros Discovery (-1,7%).
Paramount Skydance (+12,4%) reprend l’avantage pour acquérir le studio hollywoodien historique pour environ 111 milliards de dollars.
Netflix empoche tout de même 2,8 milliards de dollars de dédommagement suite à la résiliation de son accord initial avec WBD.
Le leader du streaming préfère se concentrer sur ses investissements organiques, notamment 20 milliards de dollars cette année dans des films et séries.
Cette opération audacieuse verra Paramount Skydance, valorisé seulement 12 milliards en bourse, acquérir un géant pesant plus de 110 milliards.
La commission judiciaire du Sénat américain a programmé une audition le 4 mars pour examiner cette fusion controversée.

Résultats contrastés dans la tech

Dell Technologies (+19,4%) s’illustre brillamment avec des revenus en hausse de près de 40% à 33,4 milliards de dollars au quatrième trimestre fiscal.
Le constructeur texan mise gros sur l’IA avec des prévisions de revenus de serveurs optimisés pour l’IA de 50 milliards en 2027, plus du double de l’exercice passé.
Le cash flow annuel des opérations atteint un record à 11,2 milliards de dollars et le dividende est majoré de 20%.
À l’inverse, CoreWeave (-17,4%) déçoit avec une perte nette de 452 millions de dollars malgré un doublement des revenus à 1,57 milliard.
Zscaler (-15%) pâtit également d’une croissance des dépenses opérationnelles plus rapide que celle des revenus, creusant ses pertes à 34 millions.
Autodesk (+4,2%) tire son épingle du jeu avec un BPA ajusté de 2,85 dollars largement supérieur aux attentes.

Matières premières et devises volatiles

Les tensions géopolitiques concernant l’Iran propulsent le baril de brut WTI de 2,6% à 66,9 dollars sur le Nymex.
L’once d’or fin progresse de 1,1% à 5.237 dollars, bénéficiant pleinement de son statut de valeur refuge traditionnelle.
L’indice dollar recule légèrement de 0,1% face à un panier de devises principales, pénalisé par les incertitudes économiques.
Le bitcoin stagne dangereusement autour des 66.000 dollars, peinant à retrouver sa dynamique haussière d’avant les craintes sur l’IA.
Les matières premières agricoles restent également sous pression avec les préoccupations inflationnistes.

Perspectives inquiétantes pour mars

Cette séance difficile soulève des questions majeures sur la trajectoire des marchés américains pour le mois de mars.
La résurgence inattendue des pressions inflationnistes complique sérieusement les anticipations de politique monétaire de la Fed.
Les valorisations toujours élevées du secteur technologique restent particulièrement vulnérables aux changements brusques de sentiment.
L’indice manufacturier PMI de Chicago de février, à 57,7, montre une économie qui résiste mais alimente les craintes inflationnistes.
Les investisseurs scruteront attentivement les prochaines données économiques pour évaluer la persistance de ces tendances préoccupantes.
La Fed pourrait être contrainte de revoir sa stratégie si l’inflation persiste à ces niveaux élevés.