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L’assurance-vie s’apprête à recevoir une manne exceptionnelle. Avec le début des fermetures automatiques des plans d’épargne logement (PEL) de plus de 15 ans, ce sont potentiellement 93 milliards d’euros qui vont être libérés d’ici 2030, redistribuant les cartes de l’épargne française.

Une fermeture programmée depuis 2011

La réforme de mars 2011 avait limité la durée de vie des PEL à quinze ans maximum. Cette mesure, initialement perçue comme lointaine, produit aujourd’hui ses premiers effets concrets. Entre 2026 et 2030, « ce sont 3,2 millions de PEL qui seront concernés, pour un total de 93 milliards d’euros d’encours », selon les données des Échos. Le pic sera atteint en 2030 avec 28 milliards d’euros de fermetures en une seule année.

Cette vague représente près de la moitié de l’encours total du PEL, qui s’élevait à 201 milliards d’euros fin 2025. Les premiers épargnants touchés sont ceux qui avaient ouvert leur plan en mars 2011, et le processus va s’accélérer dans les années à venir.

L’assurance-vie en position de force

Face à cette libération massive de capitaux, l’assurance-vie apparaît comme la destination privilégiée. Plusieurs facteurs jouent en sa faveur : la faible rémunération actuelle du livret A, les performances retrouvées des fonds en euros et l’élargissement des possibilités d’investissement en unités de compte.

« L’assurance vie devrait bénéficier de la fermeture des plans d’épargne logement ouverts depuis plus de quinze ans », confirme le Cercle de l’Épargne. Cette tendance s’inscrit dans un contexte favorable pour le secteur, qui affiche déjà une collecte nette de plus de 50 milliards d’euros en 2025 et un encours global dépassant 2 100 milliards d’euros.

Enjeux pour les assureurs et les épargnants

Cette redistribution massive des flux d’épargne représente un défi autant qu’une opportunité. Pour les assureurs, c’est l’occasion de capter une clientèle habituée aux produits d’épargne sécurisés et de développer leur offre de fonds euros performants. Les compagnies d’assurance vont devoir adapter leurs stratégies commerciales pour séduire ces nouveaux épargnants.

Du côté des épargnants, le passage du PEL à l’assurance-vie implique un changement de paradigme. Si les fonds euros offrent une sécurité similaire au PEL, l’assurance-vie propose également des unités de compte plus risquées mais potentiellement plus rémunératrices, nécessitant une éducation financière adaptée.

Perspectives d’un marché en mutation

Cette transition marque un tournant dans l’épargne française. L’assurance-vie, déjà premier placement des Français, va renforcer sa position dominante grâce à cet afflux de capitaux. Les prochaines années verront probablement émerger de nouvelles offres hybrides, alliant sécurité et performance, pour répondre aux attentes de cette clientèle en transition.

L’impact sur les taux et la politique d’investissement des assureurs sera également à surveiller, cette manne pouvant modifier l’équilibre entre fonds euros et unités de compte dans les portefeuilles collectifs.