Skip to main content

Le constructeur français affiche une croissance de revenus nettement supérieure à celle de ses volumes, signe d’un pilotage toujours très orienté vers la valeur et les modèles électrifiés.
Au premier trimestre, le chiffre d’affaires atteint 12,53 milliards d’euros, en hausse de 7,3 % sur un an, malgré des ventes mondiales en recul de 3,3 %.
Cette divergence résume l’équation de Renault Group en 2026: vendre mieux, préserver les prix et faire monter l’électrique sans sacrifier les marges.

Une croissance tirée par le mix, pas par les volumes

Selon les données publiées par Renault Group, l’activité automobile génère 10,81 milliards d’euros, soit une progression de 6,5 % par rapport au premier trimestre 2025.
Mobilize Financial Services avance plus vite encore, avec 1,72 milliard d’euros de revenus et une hausse de 13 %.
Le groupe confirme ainsi l’importance du financement, du leasing et des services dans la rentabilité future de l’écosystème automobile.

La performance commerciale est plus contrastée.
Les ventes totales s’établissent à 546 183 véhicules, pénalisées par les perturbations logistiques et de production chez Dacia.
Renault progresse toutefois de 2,2 %, tandis qu’Alpine bondit de 54,7 %, portée par l’A290.

L’électrification devient un levier de prix

En Europe, les modèles électrifiés représentent désormais 52,3 % des ventes du groupe, soit 9,1 points de plus qu’un an plus tôt.
Les véhicules 100 % électriques pèsent 17 % du mix, avec une hausse de 20,9 % des ventes.
La Renault 5 E-Tech electric, la Renault 4 E-Tech electric, Scenic E-Tech electric, Dacia Spring et Alpine A290 forment le cœur visible de cette offensive.

Les hybrides jouent un rôle tout aussi stratégique.
Ils atteignent 35,3 % des ventes européennes, soutenus notamment par Dacia Duster et Bigster.
Ce positionnement permet au groupe de couvrir deux demandes à la fois: l’électrique pour les zones urbaines et les flottes, l’hybride pour les clients encore sensibles à l’autonomie et au prix d’usage.

Dacia ralentit, mais le carnet de commandes rassure

Le point faible du trimestre vient de Dacia, dont les ventes reculent de 16,3 % à 145 335 unités.
Renault explique ce repli par des éléments non récurrents, notamment des difficultés logistiques liées aux conditions météo et au trafic maritime dans le détroit de Gibraltar.
La marque a toutefois renoué avec la croissance en mars en Europe et conserve un poids élevé auprès des clients particuliers.

Le carnet de commandes du groupe atteint environ deux mois de ventes futures, contre un mois et demi fin décembre 2025.
Cette progression donne de la visibilité au deuxième trimestre, surtout si Dacia parvient à rattraper une partie des livraisons retardées.

Des objectifs maintenus dans un marché sous tension

Renault Group maintient ses perspectives financières pour 2026, avec une marge opérationnelle attendue autour de 5,5 % du chiffre d’affaires et un free cash-flow automobile d’environ 1 milliard d’euros.
Le groupe signale aussi des mesures de réduction de coûts pour absorber les risques sur les matières premières, l’énergie et la logistique.

Pour les investisseurs, le message est donc plus nuancé qu’un simple rebond cyclique.
Renault ne gagne pas seulement grâce à davantage de voitures vendues, mais grâce à une gamme plus riche, un financement en croissance et une électrification qui soutient le prix moyen.
La prochaine étape sera de vérifier si cette dynamique résiste lorsque les lancements de Clio, Twingo E-Tech electric et Alpine A390 entreront dans leur phase commerciale.