Le financement bancaire des entreprises françaises conserve un socle solide, mais le signal envoyé par les trésoreries devient moins confortable.
Au premier trimestre 2026, la Banque de France observe des taux d’obtention très élevés pour les crédits d’investissement, à 98% pour les PME et 93% pour les ETI.
Dans le même temps, l’accès aux crédits de trésorerie recule et davantage d’entreprises déclarent une hausse du coût global du crédit.
L’investissement reste financé
La demande de nouveaux crédits d’investissement reste stable à 19% des PME interrogées, tandis qu’elle baisse à 24% pour les ETI.
Le point le plus rassurant vient de l’acceptation des dossiers: selon l’enquête trimestrielle de la Banque de France, 98% des PME et 93% des ETI ayant demandé un prêt d’investissement l’ont obtenu en totalité ou à plus de 75%.
Ce niveau suggère que le canal bancaire continue de soutenir les projets productifs, malgré une croissance française atone au début de l’année.
L’Insee a en effet estimé que le PIB français avait marqué le pas au premier trimestre 2026, à 0,0% après +0,2% au trimestre précédent.
La trésorerie devient plus sélective
Le tableau est plus nuancé pour les besoins de court terme.
Les demandes de crédits de trésorerie restent limitées, à 6% des PME, et reculent à 5% des ETI.
Mais les taux d’obtention baissent: ils passent de 85% à 82% pour les PME et de 85% à 80% pour les ETI.
Cette évolution ne signale pas un blocage généralisé du crédit, mais elle montre que les banques deviennent plus attentives aux dossiers de liquidité et aux besoins d’exploitation.
Pour les dirigeants, le message est clair: les financements liés à l’investissement restent accessibles, tandis que les marges de manœuvre sur la trésorerie doivent être suivies de plus près.
Un coût du crédit moins favorable
La Banque de France relève aussi un changement de perception sur les conditions tarifaires.
Au premier trimestre, 78% des PME et des ETI indiquent que le coût global du crédit est resté stable ou a diminué.
Cette majorité demeure confortable, mais la proportion d’entreprises déclarant une hausse du coût du crédit progresse de 8 points, à 21% pour les PME comme pour les ETI.
Dans le détail, la part des entreprises signalant une baisse du coût recule à 7%, contre 12% pour les PME et 16% pour les ETI au trimestre précédent.
Des lignes de crédit encore largement disponibles
Les lignes de crédit apportent un amortisseur important.
Près d’un tiers des PME et près de la moitié des ETI en ont demandé au cours des douze derniers mois, avec des demandes satisfaites à au moins 90% dans les deux catégories.
Le recours effectif à ces lignes reste élevé: 53% des PME les ont mobilisées au cours des trois derniers mois, contre 63% des ETI.
Dans un environnement où la confiance des ménages s’est fortement dégradée en avril et où la croissance reste faible, cette réserve de financement peut aider les entreprises à absorber les à-coups d’activité.
Un indicateur à surveiller pour les banques
Pour le secteur bancaire français, l’enquête dessine un équilibre délicat.
Les établissements continuent de financer l’investissement, ce qui limite le risque d’un frein brutal sur les projets des entreprises.
En revanche, le repli sur la trésorerie et le ressenti moins favorable sur les coûts peuvent peser sur les petites structures les plus exposées aux délais de paiement, aux stocks et aux variations de commandes.
La prochaine séquence dira si ce resserrement reste ponctuel ou s’il s’installe comme un nouveau point de tension pour le financement des entreprises françaises en 2026.




