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Le crédit bancaire aux sociétés non financières accélère doucement en France, malgré un coût de l’argent qui ne redescend pas vraiment.
Les chiffres publiés par la Banque de France pour mars dessinent une situation plus nuancée qu’un simple resserrement du financement: les entreprises continuent d’emprunter pour investir, tandis que les besoins de trésorerie restent en retrait.
Pour les dirigeants, les banques et les investisseurs, le message est clair: le robinet du crédit n’est pas fermé, mais il reste plus sélectif qu’avant la remontée des taux.

Les encours repartent un peu plus vite

En mars 2026, la croissance des crédits bancaires aux sociétés non financières atteint 2,8% sur un an, après 2,5% en février.
Cette progression est principalement portée par les prêts d’investissement, en hausse de 4,7% sur un an, un niveau légèrement supérieur au mois précédent.
Le financement de l’équipement progresse de 4,2%, tandis que l’immobilier d’entreprise avance de 5,7%.
À l’inverse, les crédits de trésorerie restent en baisse de 5,0%, même si le recul est moins marqué qu’en février.

Les taux bancaires se stabilisent, le marché obligataire se renchérit

Le coût moyen des nouveaux crédits bancaires s’établit à 3,56% en mars, contre 3,53% en février.
La variation est limitée, ce qui suggère une phase de stabilisation pour les prêts distribués par les banques.
Le contraste vient du financement de marché: le coût des émissions de titres de dette grimpe à 3,91%, contre 3,28% le mois précédent.
Au total, le coût moyen des nouveaux financements remonte à 3,68%, porté par cette hausse sur le marché obligataire.

PME, ETI et grands groupes ne vivent pas le même cycle

La Banque de France observe une amélioration des encours pour toutes les tailles d’entreprises, mais avec des écarts importants.
Les PME et entreprises de taille indéterminée affichent une hausse de 1,6% sur un an, avec un coût moyen de 3,51% pour leurs nouveaux crédits.
Les ETI restent presque à l’arrêt, à 0,2% de croissance, et paient en moyenne 3,74%, soit le niveau le plus élevé des trois segments suivis.
Les grandes entreprises conservent l’accès le plus dynamique au crédit, avec une progression de 4,4% et un coût moyen de 3,35%.

Un signal positif, mais pas un retour à l’argent facile

Cette photographie bancaire s’inscrit dans un environnement économique encore prudent.
L’enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France indiquait à début mai une activité modérée, avec des services marchands moins porteurs et des anticipations encore hésitantes dans plusieurs branches.
Dans ce contexte, les banques peuvent continuer à financer les projets solides tout en restant attentives aux marges, aux carnets de commandes et à la capacité de remboursement.
La dynamique actuelle ressemble donc moins à une relance franche du crédit qu’à une normalisation progressive après deux années de taux élevés.

Ce que les entreprises doivent surveiller

Le point clé pour les prochains mois sera la capacité des PME et des ETI à transformer la stabilisation des taux bancaires en investissements productifs.
Si la demande finale se redresse, les prêts d’équipement pourraient soutenir l’activité industrielle et les services aux entreprises.
Si la conjoncture reste molle, la baisse persistante des crédits de trésorerie pourrait au contraire signaler une gestion plus défensive des bilans.
Le tableau statistique publié par la Banque de France montre ainsi un système bancaire encore actif, mais loin d’un cycle de financement euphorique.