Après une année 2025 marquée par la rareté des introductions en Bourse en Europe, les investisseurs nourrissent de nouveaux espoirs pour 2026.
Plusieurs dossiers prometteurs se profilent à l’horizon, portés par des entreprises de secteurs variés qui pourraient redonner vie au marché des nouvelles cotations.
De la défense à l’hôtellerie en passant par l’aérospatiale, ces futures IPO suscitent déjà l’attention des analystes financiers et des fonds d’investissement.
Un marché européen en quête de renouveau
L’année 2025 s’est révélée particulièrement décevante pour les introductions en Bourse européennes.
Les conditions de marché volatiles et les incertitudes géopolitiques ont dissuadé de nombreuses entreprises de franchir le pas.
Cette frilosité contraste avec l’appétit des investisseurs pour de nouveaux actifs, créant une demande latente qui pourrait se révéler explosive en 2026.
Les banques d’investissement européennes espèrent retrouver des volumes d’activité comparables à ceux des meilleures années passées.
Le contexte macroéconomique semble progressivement s’améliorer avec une stabilisation attendue des taux directeurs des banques centrales.
Les valorisations des sociétés non cotées ont également connu un ajustement qui pourrait faciliter la fixation de prix d’introduction attractifs.
Ces éléments conjugués créent un environnement plus favorable aux opérations de marché primaire pour les entreprises candidates à la cotation.
KNDS, le géant franco-allemand de la défense
Le dossier le plus attendu côté français est celui de KNDS, souvent qualifié d' »Airbus de la défense terrestre ».
Ce groupe franco-allemand, spécialisé dans la fabrication de blindés et systèmes d’armement, a officiellement annoncé son intention d’entrer en Bourse en juin 2026.
L’opération se ferait par une double cotation à Paris et Francfort, sous réserve des conditions de marché.
Cette stratégie de double listing permettrait d’élargir la base d’investisseurs et d’optimiser la liquidité des titres.
Le conseil d’administration de KNDS poursuit activement les préparatifs de cette IPO historique.
L’entreprise bénéficie d’un contexte favorable avec la montée en puissance des budgets de défense européens depuis le conflit ukrainien.
Cette introduction vise notamment à contrer la concurrence de Rheinmetall, son principal rival allemand déjà coté en Bourse.
Les analystes estiment que la valorisation pourrait atteindre plusieurs milliards d’euros, faisant de cette opération l’une des plus importantes du secteur défense en Europe.
Ennismore, la pépite lifestyle d’Accor
Dans l’hôtellerie, Ennismore constitue l’autre dossier français à surveiller de près.
Cette filiale d’Accor, spécialisée dans l’hôtellerie et la restauration lifestyle, fait l’objet d’une réflexion stratégique approfondie.
Le conseil d’administration du groupe hôtelier étudie « une possible cotation en bourse » de cette entité prometteuse.
Ennismore regroupe des marques emblématiques comme Mondrian, SLS, Delano ou encore The Hoxton, qui séduisent une clientèle urbaine et branchée.
L’objectif d’une telle opération serait double : financer l’expansion internationale d’Ennismore et valoriser un modèle économique innovant.
Les hôtels lifestyle de la marque affichent des performances remarquables, avec une croissance du RevPAR de 9,9% au premier semestre 2025.
Leurs revenus proviennent non seulement de l’hébergement, mais aussi de restaurants et bars très fréquentés qui génèrent des marges attractives.
Cette diversification des sources de revenus constitue un atout majeur dans un secteur traditionnellement cyclique.
SpaceX, la star américaine de l’aérospatial
Outre-Atlantique, c’est SpaceX qui cristallise toutes les attentions des investisseurs.
La société spatiale d’Elon Musk envisage une introduction en bourse historique dès la mi-juin 2026, selon des sources proches du dossier.
L’opération pourrait lever jusqu’à 50 milliards de dollars pour une valorisation astronomique de 1,5 trillion de dollars.
Cette valorisation placerait SpaceX parmi les entreprises les plus valorisées au monde, dépassant de nombreux géants technologiques établis.
Cette IPO marquerait un tournant majeur pour l’industrie spatiale privée.
SpaceX s’est imposée comme le leader incontesté du transport spatial avec ses fusées Falcon et son projet Starlink.
L’entrée en Bourse permettrait à l’entreprise de financer ses ambitions martiennes tout en offrant une liquidité aux investisseurs privés.
Le succès commercial de Starlink, avec ses milliers de satellites en orbite, constitue un argument de poids pour séduire les investisseurs institutionnels.
Des secteurs porteurs en pleine transformation
Ces trois dossiers reflètent les tendances de fond qui animent l’économie mondiale.
La défense européenne connaît un renouveau stratégique face aux menaces géopolitiques actuelles.
L’hôtellerie lifestyle répond aux nouvelles attentes des consommateurs post-Covid, mêlant hébergement et expériences.
L’industrie spatiale privée, portée par l’essor des communications par satellite et le tourisme spatial, attire massivement les capitaux.
L’aérospatial privé, quant à lui, révolutionne un secteur longtemps dominé par les acteurs publics.
Ces transformations sectorielles créent des opportunités d’investissement inédites pour les marchés financiers.
Les investisseurs institutionnels montrent déjà un appétit marqué pour ces thématiques d’avenir, y consacrant des enveloppes budgétaires spécifiques.
Les fonds sectoriels spécialisés dans la défense, l’hôtellerie et l’aérospatial préparent déjà leurs participations aux futurs tours de table.
L’impact des nouvelles réglementations
Le paysage réglementaire des introductions en bourse a également évolué ces dernières années.
Les autorités de marché européennes ont assoupli certaines procédures pour encourager les cotations d’entreprises innovantes.
Ces simplifications administratives réduisent les coûts et les délais, rendant les IPO plus accessibles aux entreprises de taille intermédiaire.
Parallèlement, les exigences de transparence en matière ESG influencent désormais les stratégies d’introduction des candidats à la cotation.
Les conditions du succès en 2026
Le succès de ces introductions dépendra largement de l’évolution des conditions de marché.
La stabilisation des taux d’intérêt et l’apaisement des tensions géopolitiques constituent des prérequis essentiels.
Les valorisations devront également rester attractives pour séduire les investisseurs institutionnels.
La communication financière des entreprises candidates devra mettre l’accent sur la visibilité de leurs modèles économiques et leur capacité à générer de la croissance rentable.
L’expérience montre que les IPO réussies nécessitent un timing parfait et une communication soignée.
Les équipes dirigeantes devront convaincre de la solidité de leurs modèles économiques et de leurs perspectives de croissance.
La qualité des banques conseils et leur capacité à placer les titres joueront également un rôle déterminant.
Les roadshows devront être particulièrement bien orchestrés pour maximiser l’intérêt des investisseurs internationaux.
Un test pour la confiance des investisseurs
Ces introductions constitueront un véritable test de la confiance des investisseurs en 2026.
Après plusieurs années difficiles pour les nouvelles cotations, le marché attend des signaux de reprise.
Le succès de ces opérations pourrait relancer une dynamique vertueuse et encourager d’autres entreprises à franchir le pas.
Une réussite collective de ces IPO phares redonnerait confiance aux entrepreneurs et aux investisseurs en capital-risque pour préparer les prochaines générations de champions industriels.
Les performances boursières de ces nouveaux entrants seront scrutées avec attention.
Elles détermineront l’appétit des investisseurs pour les prochaines vagues d’introductions.
L’enjeu dépasse le cadre de ces seules entreprises et concerne la vitalité globale des marchés européens et américains.
Un retour en force des IPO pourrait également stimuler l’écosystème du capital-risque et favoriser l’émergence de nouveaux champions technologiques européens.




