L’année 2025 restera dans les mémoires comme celle d’un rebond inattendu pour l’économie française. Alors que les prévisionnistes tablaient sur une croissance molle de 0,8%, le PIB tricolore a finalement progressé de 1,1%, selon les dernières estimations de l’INSEE. Une performance qui place la France parmi les bons élèves de la zone euro.
Une révision à la hausse significative
Les économistes avaient leurs raisons d’être pessimistes en début d’année. L’inflation persistante, les taux d’intérêt élevés et les incertitudes géopolitiques pesaient sur les perspectives. Pourtant, trimestre après trimestre, l’économie française a surpris par sa résilience.
Le premier trimestre a affiché +0,2%, le deuxième +0,3%, et les deux derniers trimestres ont confirmé cette tendance avec respectivement +0,3% et +0,3%. Une progression régulière qui a permis d’atteindre ce 1,1% annuel, soit 0,3 point de mieux que les prévisions initiales.
La consommation des ménages au rendez-vous
Le moteur principal de cette croissance reste la consommation des ménages. Après deux années de restrictions liées à l’inflation, les Français ont recommencé à dépenser, notamment dans les services et les loisirs.
La désinflation rapide a joué un rôle majeur. L’indice des prix à la consommation est passé de 2,9% début 2025 à 1,8% en décembre, redonnant du pouvoir d’achat aux ménages. Les revalorisations salariales de début d’année ont également contribué à soutenir la demande.
L’investissement des entreprises en berne
Tout n’est pas rose pour autant. L’investissement des entreprises a reculé de 0,8% sur l’année, pénalisé par le coût élevé du crédit et l’attentisme face aux incertitudes politiques du second semestre.
Les PME ont été particulièrement touchées, avec un taux de défaillance en hausse de 15% par rapport à 2024. Le secteur de la construction reste en crise profonde, avec des mises en chantier au plus bas depuis une décennie.
Le commerce extérieur s’améliore
Le déficit commercial s’est réduit à 82 milliards d’euros contre 99 milliards en 2024. Les exportations ont progressé de 3,2%, tirées par l’aéronautique (Airbus a livré un record de 766 appareils) et le luxe.
LVMH, Hermès et Kering continuent de briller à l’international, compensant partiellement le déficit énergétique structurel. L’agroalimentaire français a également retrouvé des couleurs sur les marchés export.
L’emploi résiste malgré les difficultés
Le marché du travail a fait preuve d’une résilience remarquable. Le taux de chômage est resté stable à 7,3% de la population active, avec 180 000 créations nettes d’emplois sur l’année.
Les services et le numérique ont été les principaux pourvoyeurs d’emplois, tandis que l’industrie et la construction ont connu des suppressions de postes. Les tensions de recrutement persistent dans la santé et la restauration.
La France fait mieux que l’Allemagne
Dans le contexte européen, la performance française est notable. L’Allemagne, première économie de la zone euro, n’a enregistré que 0,4% de croissance, plombée par la crise de son industrie automobile et les coûts énergétiques.
L’Italie affiche 0,7%, le Royaume-Uni 0,6%, tandis que l’Espagne tire son épingle du jeu avec 2,1% grâce au tourisme record et à une économie plus flexible.
Les finances publiques sous pression
Cette croissance supérieure aux attentes a légèrement amélioré les recettes fiscales. Le déficit public devrait s’établir à 5,2% du PIB au lieu des 5,5% prévus. Mais la dette atteint désormais 112% du PIB, un niveau qui préoccupe Bruxelles et les agences de notation.
Le gouvernement a annoncé un plan de redressement visant à ramener le déficit sous les 3% d’ici 2029, un objectif jugé ambitieux par la plupart des économistes.
Perspectives 2026 : prudence de mise
Pour l’année en cours, les prévisions oscillent entre 0,8% et 1,2% de croissance. Les risques restent nombreux : tensions commerciales avec les États-Unis, incertitudes politiques persistantes, et possible rebond des prix de l’énergie.
La BCE devrait toutefois commencer à assouplir sa politique monétaire au second semestre, ce qui pourrait soutenir l’investissement. La question clé reste celle de la confiance des ménages et des entreprises face à un contexte géopolitique instable.
Un bilan nuancé mais encourageant
Au final, 2025 aura été une bonne surprise pour l’économie française. La croissance a dépassé les attentes, l’emploi a résisté, et l’inflation est revenue sous contrôle. Mais les fragilités structurelles demeurent : dette élevée, industrie en difficulté, et déficit commercial chronique. L’année 2026 dira si ce rebond marque le début d’une nouvelle dynamique ou reste un simple répit.




