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Optimiser sans affaiblir

Les entreprises peuvent réduire drastiquement les coûts liés à l’intelligence artificielle sans perdre en efficacité.

C’est le message central porté par Hugging Face à travers la voix de Sasha Luccioni, chercheuse spécialisée en IA et climat.

Selon elle, la course aux GPU ou aux modèles géants est souvent une erreur stratégique.

Il existe des approches plus sobres, plus intelligentes et tout aussi puissantes pour déployer des solutions IA efficaces.

1. Utiliser des modèles adaptés à la tâche

Les grands modèles généralistes ne sont pas toujours les plus pertinents.

Des alternatives plus petites, spécialisées ou distillées peuvent accomplir les mêmes tâches avec une consommation de ressources beaucoup plus faible.

Selon Luccioni, un modèle spécialisé peut consommer jusqu’à 30 fois moins d’énergie qu’un modèle de fondation générique.

Grâce à la distillation, certains modèles initialement volumineux peuvent être compressés et fonctionner sur un seul GPU, contre huit pour un modèle comme DeepSeek R1.

Cette démarche permet une réduction substantielle des coûts d’infrastructure tout en maintenant, voire améliorant, la performance.

2. Rendre l’efficacité par défaut

Les systèmes IA doivent par défaut être conçus pour être économes.

Hugging Face recommande de fixer des budgets de calcul, de désactiver les fonctions génératives pour les requêtes simples et de rendre les options coûteuses activables uniquement sur demande explicite.

Par exemple, mobiliser un LLM pour répondre à une simple question météo est une perte de ressources évitable.

L’idée est d’inculquer une logique d’optimisation dès la conception des produits, en intégrant des garde-fous contre le surcalcul.

3. Mieux exploiter le matériel

Réduire les coûts passe aussi par une utilisation plus intelligente de l’infrastructure existante.

Le recours au batching, l’ajustement de la précision des calculs ou encore l’optimisation des batch sizes selon la génération de GPU utilisée sont autant de leviers d’efficacité.

Hugging Face encourage aussi à interroger la nécessité d’un service permanent.

Une IA toujours active n’est pas toujours indispensable : des modèles déclenchés à la demande ou exécutés par lots peuvent suffire dans bien des cas, tout en réduisant la consommation énergétique globale.

4. Rendre visible la consommation énergétique

Hugging Face a lancé un système de notation énergétique baptisé AI Energy Score.

Sur une échelle de une à cinq étoiles, il vise à distinguer les modèles les plus sobres.

Un classement officiel est mis à jour tous les six mois avec les nouveaux modèles open source, permettant aux entreprises et aux développeurs de faire des choix éclairés.

Cette approche de labellisation vise à instaurer une culture de la transparence énergétique dans l’IA, à l’instar des labels environnementaux dans l’électroménager.

5. Sortir du mythe du « plus de GPU = mieux »

Le recours massif au calcul n’est pas une finalité.

Pour Hugging Face, il est temps de se demander comment obtenir des résultats pertinents avec moins de puissance brute.

Optimiser les données d’entraînement, affiner les architectures et limiter les fonctions inutiles peuvent se révéler plus efficaces que d’ajouter des ressources.

Beaucoup d’entreprises investissent à l’aveugle dans l’infrastructure sans réfléchir à leur réel besoin.

Or, une stratégie IA bien calibrée économise à la fois de l’argent, de l’énergie et du temps.

Vers une IA plus intelligente, pas plus massive

L’approche de Hugging Face repose sur la sobriété, la spécialisation et la transparence.

Elle propose une feuille de route concrète pour bâtir des systèmes d’intelligence artificielle aussi efficaces que durables.

Le tout sans céder à l’illusion que seule la puissance brute garantit les performances.