Ieva Group, la pépite française de la beauty tech dirigée par Jean-Michel Karam, lance son introduction en Bourse sur Euronext Growth Paris.
L’entreprise ambitionne de lever 8 millions d’euros pour une valorisation de 127 millions d’euros.
L’objectif affiché : devenir le « Netflix de la beauté » grâce à un modèle d’abonnement disruptif qui révolutionne l’industrie cosmétique traditionnelle.
Un écosystème unique dans la beauté tech
Créé en 2020, Ieva Group s’est structuré en quatre piliers complémentaires qui forment un écosystème intégré rare sur le marché.
Le groupe réunit des marques premium françaises (IOMA, IOMA-R, Care), un arsenal technologique de 25 brevets incluant l’IA pour le diagnostic cutané, et 130 points de vente physiques (L’Atelier du Sourcil, Le Boudoir du Regard).
My Little Paris, racheté stratégiquement à TF1, apporte sa communauté de 4 millions d’abonnés pour amplifier l’engagement client et créer des synergies médiatiques uniques.
Le modèle « Beauty as a Service » qui change la donne
La force d’Ieva réside dans son approche par abonnement qui génère 55% de son chiffre d’affaires de manière récurrente, créant un avantage concurrentiel majeur.
Contrairement aux « box » classiques où la fidélité moyenne n’excède pas 2,5 mois, Ieva affiche une durée de vie client exceptionnelle de 11 mois.
Cette performance remarquable s’explique par l’hyperpersonnalisation : diagnostic IA poussé, bijoux connectés mesurant le stress environnemental (humidité, température, pollution, UV, bruit), et formules concentrées à 25% d’ingrédients actifs contre 5% chez la concurrence.
L’innovation technologique au cœur de la stratégie
L’application MyIEVA illustre parfaitement cette approche tech-driven de la beauté.
Les utilisateurs peuvent réaliser un diagnostic cutané par intelligence artificielle et recevoir un coffret personnalisé correspondant à leurs besoins spécifiques : soin visage, capillaire, maquillage.
Le système intègre également des programmes liés au sport et au lifestyle, créant une expérience holistique qui dépasse la simple vente de cosmétiques pour devenir un véritable accompagnement bien-être.
Des performances financières solides malgré la jeunesse
Avec 43 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel et 1,1 million de box livrées en 2025, le groupe affiche une croissance soutenue depuis sa création.
L’EBITDA négatif de 1,4 million d’euros en 2025 devrait basculer dans le vert dès 2026, marquant un tournant vers la rentabilité.
Jean-Michel Karam mise sur un doublement du chiffre d’affaires d’ici 2028, objectif ambitieux mais réalisable compte tenu de la trajectoire actuelle, soutenu par une trésorerie nette solide de 5,4 millions d’euros.
Un avantage structurel : le BFR négatif
Le modèle d’abonnement procure à Ieva un avantage financier considérable avec un besoin en fonds de roulement négatif.
La société encaisse les abonnements avant de livrer les produits, générant un financement naturel de la croissance sans recours à l’endettement.
Cette particularité rare permet une agilité financière exceptionnelle dans un secteur traditionnellement gourmand en capital.
Un actionnariat de prestige déjà constitué
L’introduction bénéficie du soutien massif de Bpifrance qui sécurise 3 millions d’euros sur les 8 millions visés, soit 38% de l’enveloppe totale.
L’actionnariat historique comprend des références solides du monde des affaires : TF1 (25%), Crédit Mutuel Innovation (24%) et Unilever (8,5%).
Ces investisseurs institutionnels s’engagent dans un lock-up de 6 mois, témoignant de leur confiance dans la stratégie long terme et la vision de Jean-Michel Karam.
L’ambition américaine en ligne de mire
« L’objectif principal est de faire des acquisitions », explique Jean-Michel Karam qui lorgne le marché américain « autour de 2027 ».
La stratégie privilégie l’acquisition d’une structure existante outre-Atlantique pour y déployer progressivement l’offre Ieva sans partir de zéro.
Le dirigeant, qui connaît bien les États-Unis, compare cette approche à « un ring : il ne faut pas y aller avant de s’entraîner, de se muscler et de faire tout le nécessaire ».
Un track record d’acquisitions déjà impressionnant
En cinq ans seulement, Ieva a déjà réalisé quatre acquisitions stratégiques majeures qui démontrent la capacité d’exécution du management.
Le rachat de My Little Paris à TF1 et de la marque IOMA à Unilever illustrent la capacité du groupe à intégrer des actifs complémentaires et créer des synergies.
La Bourse doit fournir la « monnaie d’échange » nécessaire pour accélérer cette politique de croissance externe et viser des cibles plus importantes.
La « Beautiful Longevity » comme promesse révolutionnaire
Le concept phare d’Ieva repose sur la « Beautiful Longevity » : permettre de « vieillir sans s’effacer » grâce à la technologie.
« Je l’ai dit à la télévision dans une phrase que tous les Français ont retenue : moi, je veux mourir beau. Pas dans le sens d’avoir de beaux traits, mais plutôt sans dégradation », résume Jean-Michel Karam.
Cette promesse audacieuse s’appuie sur l’ultra-personnalisation des soins et la technologie pour préserver « la dignité et l’éclat à tout âge », positionnant Ieva sur un segment premium et différenciant.
Les modalités de l’introduction en détail
L’action sera proposée au prix unitaire de 12,79 euros sur Euronext Growth Paris, compartiment dédié aux PME et jeunes pousses innovantes.
La période de souscription se clôture le 25 mars 2026, avec un début officiel des négociations prévu le 31 mars prochain.
Le flottant restera volontairement limité à environ 6%, reflétant la volonté des dirigeants et actionnaires historiques de conserver le contrôle stratégique de cette pépite en croissance.
Les atouts concurrentiels du groupe
Ieva présente un profil rare d’entreprise maîtrisant toute la chaîne de valeur : de la technologie (IA/data) à la prestation de service physique, en passant par les médias.
Son organisation « fabless » lui permet plus d’agilité et une structure de coûts allégée, avantage crucial dans un secteur où la réactivité fait la différence.
La combinaison abonnement + personnalisation crée des barrières à l’entrée naturelles et fidélise durablement la clientèle dans un marché très atomisé.
Les défis à relever pour concrétiser l’ambition
Malgré ses nombreux atouts, Ieva évolue sur un marché du luxe et de la beauté extrêmement concurrentiel face aux géants du secteur.
La clientèle reste concentrée à 90% sur les femmes et à 80% en France, nécessitant une diversification géographique et démographique urgente pour soutenir la croissance.
Le passage définitif à la rentabilité opérationnelle reste l’enjeu prioritaire pour valider durablement ce modèle innovant et rassurer les investisseurs sur la scalabilité internationale du concept.




