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L’Égypte s’apprête à lancer le plus grand programme de forage gazier jamais entrepris en Méditerranée.
Le ministre du Pétrole Karim Badawi a annoncé cette initiative majeure lors d’une inspection des opérations offshore de Shell dans la zone West Mina.
Cette stratégie ambitieuse vise à transformer l’Égypte en acteur incontournable de l’approvisionnement énergétique régional et à diversifier ses sources de revenus.

Une coopération stratégique Shell-KUFPEC d’envergure

Shell détient 60% des parts dans le projet West Mina, en partenariat avec KEL, filiale de la Kuwait Foreign Petroleum Exploration Company (KUFPEC).
Cette alliance stratégique combine l’expertise technologique avancée de Shell et les capacités financières substantielles du groupe koweïtien.
Le champ West Mina représente un investissement stratégique de plusieurs milliards de dollars pour les deux partenaires qui misent résolument sur le potentiel gazier égyptien.
La zone d’exploitation s’étend sur plusieurs kilomètres carrés au large des côtes égyptiennes, dans des eaux profondes présentant des défis techniques considérables.

Déploiement du navire Stena IceMAX et technologies avancées

Shell a récemment positionné le navire de forage en eaux profondes Stena IceMAX en Méditerranée, marquant une étape opérationnelle décisive.
Cette plateforme de dernière génération, d’une valeur de 750 millions de dollars, dispose de capacités de forage jusqu’à 10 000 mètres de profondeur.
La présence de cet équipement ultramoderne confirme l’engagement financier et technologique de Shell dans ses projets offshore égyptiens.
Le navire est équipé de systèmes de positionnement dynamique et de technologies de forage directionnelles permettant d’accéder à des réservoirs complexes.
Cette infrastructure représente l’une des plus importantes opérations de forage jamais déployées en Méditerranée orientale.

Objectifs de production et calendrier opérationnel

Dalia El Gabry, présidente de Shell Égypte, a confirmé l’entrée dans une nouvelle phase de développement méditerranéen particulièrement ambitieuse.
La stratégie vise à accélérer significativement le développement du champ West Mina tout en poursuivant activement les activités d’exploration dans la région.
Les premières productions commerciales sont attendues d’ici fin 2026 selon les projections actuelles des ingénieurs impliqués.
Le projet prévoit une production quotidienne initiale de 350 millions de pieds cubes de gaz, avec une montée en puissance progressive.
Les investissements totaux pour cette phase de développement sont estimés à plus de 3 milliards de dollars sur cinq ans.

Impact sur l’économie énergétique et financière égyptienne

Ce programme s’inscrit dans la stratégie globale de diversification énergétique de l’Égypte, confrontée à des défis économiques majeurs.
Le pays cherche activement à réduire sa dépendance aux importations énergétiques tout en développant massivement ses capacités d’exportation.
Les revenus attendus de ces opérations contribueront substantiellement à stabiliser la balance commerciale égyptienne dans un secteur stratégique.
Les autorités estiment que ce programme générera plus de 15 000 emplois directs et indirects sur la période 2026-2030.
L’impact sur les finances publiques devrait atteindre plusieurs milliards de dollars annuels en redevances et taxes une fois la production optimisée.

Positionnement géostratégique et enjeux méditerranéens

L’initiative égyptienne intervient dans un contexte géopolitique tendu, marqué par les crises énergétiques européennes récurrentes.
La Méditerranée orientale devient progressivement un enjeu géopolitique majeur avec les découvertes gazières massives des dernières années.
L’Égypte entend capitaliser stratégiquement sur sa position géographique privilégiée pour devenir un hub énergétique régional incontournable.
Ce positionnement pourrait permettre au pays de jouer un rôle d’intermédiation entre les producteurs du Moyen-Orient et les marchés européens.
La proximité géographique avec les grands centres de consommation européens constitue un avantage concurrentiel déterminant.

Coopération élargie avec les majors internationales

Le ministre Badawi a particulièrement souligné l’importance stratégique des partenariats avec les compagnies internationales pour l’année 2026.
Cette approche collaborative permet de combiner expertise technique de pointe et financement massif nécessaire aux projets offshore.
D’autres annonces de partenariats stratégiques avec des majors énergétiques devraient être officialisées dans les prochains mois.
L’Égypte développe également des relations privilégiées avec des entreprises technologiques spécialisées dans l’exploitation offshore.
Cette diversification des partenaires vise à réduire les risques opérationnels et financiers des projets d’envergure.

Défis techniques et innovations environnementales

Les opérations en eaux profondes méditerranéennes exigent le déploiement de technologies de pointe particulièrement sophistiquées.
Shell investit massivement dans des équipements respectueux des standards environnementaux internationaux les plus stricts.
La surveillance écologique accompagnera rigoureusement l’ensemble des phases de développement du projet West Mina.
Des systèmes de monitoring en temps réel permettront de détecter immédiatement tout impact environnemental anormal.
L’entreprise s’est également engagée à réduire de 50% les émissions carbone de ses opérations offshore d’ici 2030.
Ces investissements environnementaux représentent près de 200 millions de dollars sur la durée du projet.

Calendrier détaillé et perspectives industrielles

Le programme de forage s’étalera méthodiquement sur l’ensemble de l’année 2026 avec plusieurs phases opérationnelles distinctes et coordonnées.
Les premiers tests de production intensive débuteront au second semestre selon la planification actuellement établie par les équipes techniques.
Le succès de cette initiative majeure pourrait ouvrir la voie à d’autres projets d’envergure similaire dans la région méditerranéenne.
Plusieurs zones d’exploration prometteuses ont déjà été identifiées par les géologues pour des développements futurs.
L’objectif à long terme est d’établir l’Égypte comme le principal producteur gazier de la Méditerranée orientale avant 2030.