Skip to main content

1. Résultats solides mais prévisions décevantes

NVIDIA a publié des résultats du deuxième trimestre 2025 impressionnants, avec un chiffre d’affaires de 46,7 milliards USD, en progression de 56 % d’une année à l’autre, et un bénéfice net en hausse de 59 % à 26,4 milliards USD.

Pour le troisième trimestre, l’entreprise anticipe 54 milliards USD de revenus, légèrement au‑dessus des attentes (≈ 53,1 milliards USD).

Malgré ces performances, le titre NVIDIA a chuté de 2 à 5 % en after-hours.

Ce paradoxe s’explique par deux facteurs majeurs : l’absence de prévision de ventes de la puce H20 en Chine, en raison des restrictions à l’export, et une croissance qui ralentit – +6 % de croissance séquentielle, une première dans l’ère de l’explosion IA.

2. Un sentiment d’inquiétude généralisé

Des analystes pointent les « unknowns » liés aux droits de douane de l’administration Trump et aux contrôles à l’export, créant un climat d’incertitude structurelle.

D’autres mettent en garde contre un éventuel effondrement si les accords avec la Chine ou le gouvernement américain échouent, évoquant aussi le spectre d’une bulle IA.

3. Forums : entre espoir et panique collective

Les réactions sur les forums boursiers américains illustrent cette ambiguïté.

Un utilisateur écrit : « Pour NVIDIA, je suis vraiment inquiet pour la publication. C’est un rapport décisif ».

Un autre ajoute : « La guidance est ce qui compte vraiment. NVIDIA a des attentes énormes, et le marché commence à s’inquiéter d’un ralentissement. »

Ces témoignages reflètent un sentiment partagé : la performance est là, mais la guidance jugée prudente déclenche la peur.

Le scénario est classique : même en cas de résultats solides, si les perspectives futures ne sont pas flamboyantes, le marché réagit négativement.

4. Le rôle central de NVIDIA sur les marchés

Avec une pondération dépassant 6 à 8 % du S&P 500, NVIDIA est devenue un levier majeur des indices actions.

Comme le souligne Nigel Green (CEO de deVere Group), un bon trimestre chez NVIDIA peut désormais avoir plus d’impact que les annonces de la Fed ou les données d’inflation.

Mais cette domination est aussi un risque : la moindre déception peut provoquer des réactions disproportionnées, voire une panique de marché.

5. Bulle IA, concurrence et retours mitigés

En janvier 2025, le lancement de DeepSeek, une IA chinoise très compétitive, avait déjà entraîné une chute record de 8,8 % du cours de NVIDIA en une seule journée.

Plus récemment, un rapport du MIT soulignait que 95 % des projets IA ne génèrent aucun retour financier, alimentant les craintes d’une « AI bubble ».

Des figures comme Sam Altman (OpenAI) ou Ray Dalio comparent désormais la dynamique actuelle à celle de la bulle internet des années 2000 : trop de capital, trop vite, pas assez de valeur réelle créée.

6. Synthèse des risques menaçant un crash

Voici les principaux facteurs de risque convergents :

  • Ralentissement de croissance (première hausse à un seul chiffre).
  • Guidance prudente, absence de H20 en Chine.
  • Tensions géopolitiques persistantes entre USA et Chine.
  • Surévaluation du titre, compte tenu de son poids dans les indices.
  • AI bubble possible, appuyée par des retours limités sur les investissements IA.
  • Effet domino sur les indices, amplifié par des ETF et algorithmes.

Même Peter Thiel, cofondateur de PayPal, a récemment mis en garde contre un biais spéculatif excessif : « L’enthousiasme actuel ressemble à 1999. Beaucoup de hype, peu de fondamentaux. »

7. Conclusion — Risque de crash réel ou perception amplifiée ?

Le bilan est contradictoire : NVIDIA reste un leader de l’IA, avec des fondamentaux solides (marges, part de marché, innovations).

Mais la combinaison d’une guidance prudente, d’un ralentissement visible et d’un contexte géopolitique tendu peut déclencher une correction brutale.

Si la confiance fléchit, même légèrement, les effets cumulatifs pourraient entraîner une chute rapide, à effet domino sur les marchés mondiaux.

Les forums reflètent cette tension extrême : entre ceux qui achètent la baisse et ceux qui déclenchent des ventes paniques.

La question n’est plus « NVIDIA va-t-il sous-performer ? » mais « Que se passe-t-il si un simple grain de sable fait dérailler la machine ? »