Meta Platforms, la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, a conclu fin décembre 2025 l’acquisition de Manus, une start-up spécialisée dans les agents d’intelligence artificielle autonomes, pour un montant estimé à plus de 2 milliards de dollars.
Cette opération marque un tournant dans la stratégie d’IA de Meta en soulignant que la prochaine étape de la valeur technologique ne réside plus uniquement dans les modèles de langage, mais dans les couches logicielles qui orchestrent l’exécution autonome des tâches complexes.
Qu’est-ce que Manus et pourquoi Meta l’a ciblé
Manus est un agent d’IA autonome développé par Butterfly Effect Pte. Ltd., conçu pour exécuter des tâches de bout en bout — telles que la recherche, l’analyse de données, la génération de contenu ou encore la rédaction et l’exécution de code — sans supervision humaine continue.
Contrairement aux assistants d’IA classiques qui se contentent de répondre à des requêtes, l’approche de Manus vise à devenir une plateforme d’exécution complète capable de planifier, contrôler des outils et livrer un travail fini.
De la simple IA conversationnelle à l’exécution autonome
Selon l’analyse de VentureBeat, cet achat signale une évolution majeure de l’industrie : les plateformes technologiques se déplacent du simple débat sur la « qualité des modèles » vers la maîtrise du moteur d’exécution agentique — la couche qui orchestre, relie les outils, gère la mémoire, effectue des phases d’essai/erreur et assure la cohérence des workflows.
Une acquisition stratégique pour l’entreprise
Pour Meta, cette acquisition sert plusieurs objectifs.
1. Accélérer l’intégration d’agents IA dans ses produits
Meta prévoit d’intégrer la technologie de Manus au cœur de ses services d’IA, y compris dans Meta AI, mais aussi potentiellement dans les assistants utilisés sur Facebook, Instagram et WhatsApp, permettant aux utilisateurs et aux entreprises de déléguer des tâches complexes directement depuis leurs applications quotidiennes.
2. Transformer l’infrastructure IA en revenus
L’achat offre à Meta une couche logicielle génératrice de revenus, avec des millions d’utilisateurs déjà abonnés au service Manus et une récurrence de revenus substantielle. Cela aide Meta à tirer une valeur directe de son vaste investissement en infrastructure IA et en centres de données, où l’inférence et l’exécution d’agents autonomes constituent une charge de travail stratégique.
3. Prendre de l’avance dans la course aux agents autonomes
Alors que Google, OpenAI, Microsoft et d’autres acteurs se concentrent sur les modèles de fondation, Meta prend le pari que la couche d’orchestration et de gestion des tâches complexes — c’est-à-dire la capacité à faire réellement « travailler » l’IA pour les utilisateurs — deviendra le facteur clé de compétitivité.
Ce que cela signifie pour les stratégies IA en entreprise
• Orchestration des agents : Ce rachat met en lumière la montée en puissance des systèmes d’orchestration agentique qui vont au-delà des simples interfaces conversationnelles.
• Infrastructure interne : Pour les DSI et CTO, cela suggère qu’investir dans une infrastructure d’agents robuste — capable de coordonner des modèles, des outils et des workflows — est aujourd’hui aussi essentiel que de maîtriser les modèles eux-mêmes.
• Choix technologiques : Les entreprises pourraient être amenées à construire ou à adopter des couches d’agent qui restent indépendantes des modèles sous-jacents, car ce sont généralement les environnements d’exécution qui conditionnent la valeur pratique.
Risques et perspectives
L’intégration de Manus par Meta pose encore des questions, notamment sur la manière dont Meta équilibrera ses priorités entre usage interne, déploiement externe et gouvernance des agents. En outre, des défis réglementaires émergent autour de l’origine de la technologie, comme l’examen par les autorités chinoises du transfert de technologie et de personnel de Manus vers Singapour avant la finalisation du rachat.




