Le réassureur français démarre l’année avec une rentabilité élevée, portée par la branche dommages, la santé-vie et des revenus financiers encore soutenus.
Au premier trimestre, le groupe publie un résultat net de 225 millions d’euros, accompagné d’un rendement annualisé des capitaux propres de 21,7 %.
Dans un secteur exposé aux catastrophes naturelles, aux tensions géopolitiques et à la volatilité des marchés, cette publication donne surtout un signal de solidité bilancielle.
La réassurance dommages reste le moteur
Selon les éléments publiés par SCOR, l’activité Property & Casualty affiche un ratio combiné de 80,2 % au premier trimestre.
Un niveau inférieur à 100 % signifie que les primes encaissées couvrent les sinistres et les frais, avant même la contribution des placements.
Le groupe bénéficie d’une faible sinistralité liée aux catastrophes naturelles, avec un ratio dédié de 4,2 % sur la période.
Cette performance n’empêche pas SCOR de renforcer sa prudence.
Le réassureur indique avoir constitué une provision IBNR de précaution d’environ 50 millions d’euros liée aux incertitudes au Moyen-Orient.
Il ajoute aussi 300 millions d’euros de coussins aux Best Estimate Liabilities en non-vie, une mesure destinée à consolider la résilience du bilan.
La santé-vie et les placements complètent le tableau
La branche Life & Health contribue également à la dynamique, avec un résultat des activités d’assurance de 107 millions d’euros.
SCOR précise que l’écart d’expérience reste dans la fourchette attendue, un point surveillé après plusieurs exercices où les hypothèses de mortalité et de santé avaient pesé sur certains acteurs du secteur.
Les investissements continuent de profiter d’un environnement de taux favorable.
Le rendement courant du portefeuille atteint 3,6 %, soutenu par des taux de réinvestissement jugés attractifs.
Pour un réassureur, cette composante compte directement dans la capacité à absorber les chocs, rémunérer le capital et soutenir la génération de résultats récurrents.
Un bilan plus solide face aux objectifs 2026
La valeur économique du groupe atteint 9,0 milliards d’euros au 31 mars, en hausse de 6,1 % en données publiées par rapport à fin 2025.
À hypothèses économiques constantes, la progression ressort à 7,4 %.
La valeur économique par action s’établit à 51 euros, contre 48 euros trois mois plus tôt.
Le ratio de solvabilité estimé monte à 220 %, soit 5 points de plus qu’à la fin de l’exercice précédent.
Cette marge donne au groupe une flexibilité appréciable dans un marché de la réassurance où les prix, le capital disponible et la fréquence des sinistres restent déterminants.
Un message positif pour les investisseurs
La direction se dit confiante dans la capacité de SCOR à atteindre ses objectifs 2026.
Le point important pour les actionnaires tient à l’équilibre entre profit immédiat et prudence supplémentaire: le groupe affiche une forte rentabilité tout en augmentant ses réserves.
Si la sinistralité reste contenue et que les rendements obligataires demeurent élevés, SCOR pourrait conserver un profil plus défensif que cyclique au sein de la cote parisienne.




