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Le premier trimestre confirme une tendance favorable aux infrastructures de marché en Europe: quand les investisseurs arbitrent davantage, les plateformes qui concentrent les échanges captent une part plus large de la valeur.
Pour Euronext, l’effet est visible dans les revenus, mais aussi dans la progression des activités moins dépendantes des volumes, comme les services titres, les données et les solutions aux émetteurs.
Cette combinaison intéresse directement la Bourse de Paris, les intermédiaires financiers et les entreprises cotées, car elle renforce le rôle d’un opérateur européen face à des marchés encore fragmentés.

Un trimestre porté par les actions et les données

Euronext a publié un chiffre d’affaires et produits sous-jacents de 528,5 millions d’euros au premier trimestre 2026, en hausse de 15,3% sur un an.
L’EBITDA ajusté atteint 343,2 millions d’euros, avec une marge de 64,9%, tandis que le résultat net ajusté progresse à 216,1 millions d’euros.
La dynamique la plus visible vient des marchés actions, dont les revenus augmentent de 28,1%, soutenus par la volatilité, la bonne tenue de la capture de revenus et l’essor des ETF.
Les activités Capital Markets and Data Solutions avancent aussi de 18,2%, portées par les marchés primaires, les données financières et l’intégration d’Admincontrol et d’Euronext Athens.

La diversification devient un argument boursier

Le point le plus stratégique n’est pas seulement la hausse des volumes.
Les revenus moins liés aux volumes représentent 56% du total et couvrent 159% des charges opérationnelles sous-jacentes hors amortissements.
Pour les investisseurs, cette donnée compte: elle suggère qu’Euronext ne dépend pas uniquement des pics de volatilité pour financer sa croissance.
Les services de conservation et de règlement-livraison, les solutions de données et les services aux entreprises cotées offrent une base plus récurrente dans un environnement de taux encore exigeant.

Les ETF changent d’échelle

Depuis le lancement d’Euronext ETF Europe en septembre 2025, la valeur quotidienne moyenne échangée a bondi de 84% pour atteindre 1,6 milliard d’euros au premier trimestre.
Ce signal rejoint l’évolution déjà observée chez les particuliers et les gérants: les ETF deviennent un outil central d’allocation, de couverture et de diversification.
Euronext a aussi lancé en mars des mini-options sur ETF, afin de rendre ces instruments plus accessibles à des investisseurs aux tickets plus modestes.
Pour la place parisienne, l’enjeu est clair: capter une part plus importante de l’épargne investie en produits cotés, au moment où l’Europe cherche à mieux canaliser son capital vers les entreprises.

Athènes, énergie et post-marché dans le plan de croissance

Le groupe avance aussi sur plusieurs chantiers d’intégration.
L’ex-Bourse d’Athènes est devenue Euronext Athens en avril, avec une migration technique vers Optiq prévue en juin 2027.
Dans l’énergie, le lancement des contrats Euronext Nord Pool Power Futures étend la présence du groupe sur les marchés nordiques et baltes.
Sur le post-marché, Euronext prépare l’extension de son modèle de conservation et règlement-livraison européen, avec un démarrage opérationnel attendu en septembre 2026 pour certains acteurs.

Ce que le marché va surveiller

La publication montre une infrastructure rentable, mais elle fixe aussi un niveau d’attente élevé pour la suite de l’année.
La progression des revenus actions dépendra du maintien d’une activité de marché soutenue, tandis que les coûts d’intégration et les investissements technologiques resteront sous observation.
Le communiqué publié par Euronext souligne une dette nette ramenée à 1,1 fois l’EBITDA ajusté, un niveau compatible avec la poursuite du plan Innovate for Growth 2027.
Après les volumes d’avril publiés quelques jours plus tôt, le dossier reste donc un bon thermomètre de la liquidité européenne et de la profondeur des marchés cotés.