Le début d’année confirme un basculement discret mais important dans le financement automobile européen.
Chez BNP Paribas, Arval profite d’une flotte en expansion et de marges mieux orientées, alors que le marché de la revente de véhicules d’occasion revient à des niveaux moins exceptionnels.
Pour les loueurs longue durée, la croissance ne repose donc plus seulement sur les plus-values de sortie de flotte, mais sur la taille du parc, les services et l’électrification progressive des entreprises.
Arval soutient les résultats du groupe
Dans ses résultats du premier trimestre 2026, BNP Paribas indique qu’Arval a bénéficié d’une expansion de sa flotte et d’une amélioration de ses marges.
La branche Leasing Solutions, logée dans le même ensemble opérationnel, a également amélioré sa rentabilité grâce à une évolution favorable du coût du risque.
Le message est important pour le marché: le leasing automobile reste un relais de croissance dans la banque de détail et les services spécialisés, même après la normalisation des prix des véhicules d’occasion.
Cette normalisation réduit mécaniquement l’effet de soutien qui avait dopé les résultats des loueurs lorsque les voitures revendues en fin de contrat se négociaient à des prix très élevés.
Une base installée proche de 1,9 million de véhicules
Le dernier bilan annuel publié par Arval donne la profondeur du mouvement.
À fin 2025, le loueur revendiquait 1 894 865 véhicules financés dans le monde, soit une hausse de 5,5 % sur un an.
Les encours financiers progressaient de 13,5 %, signe que la demande porte autant sur les volumes que sur la valeur des contrats.
Le segment retail, qui regroupe notamment PME et particuliers selon Arval, affichait une croissance de 11,4 %, portée par l’attractivité des solutions de location longue durée.
L’électrification devient un levier de services
La transition énergétique change la nature du leasing automobile.
Arval comptait 701 049 véhicules électrifiés fin 2025, dont 342 340 véhicules 100 % électriques, en hausse de 35,1 % sur un an.
Pour les entreprises, l’enjeu dépasse le simple choix du véhicule: il inclut la recharge, les données d’usage, la revente, l’état de santé des batteries et l’optimisation des coûts de flotte.
C’est précisément sur ces services additionnels que les loueurs cherchent à défendre leurs marges lorsque les gains de revente deviennent moins spectaculaires.
Le marché français reste très concurrentiel
En France, cette dynamique arrive dans un environnement tendu pour les gestionnaires de flotte.
Les entreprises arbitrent entre électrification, budgets plus serrés, fiscalité et disponibilité des modèles.
Les constructeurs multiplient aussi les offres de location, tandis que les banques, captives financières et loueurs indépendants se battent pour capter les contrats les plus rentables.
Dans ce contexte, la taille d’Arval et son adossement à BNP Paribas lui donnent un avantage de financement, mais pas une rente automatique.
Une croissance moins facile, mais plus récurrente
Le leasing automobile entre ainsi dans une phase moins spectaculaire que celle des années de pénurie de véhicules.
La création de valeur dépend davantage de la gestion fine des contrats, des services numériques et de la capacité à accompagner les flottes électriques sur tout leur cycle de vie.
Les publications de BNP Paribas et d’Arval suggèrent que les grands acteurs peuvent encore croître dans ce marché, à condition de transformer la location longue durée en plateforme de mobilité complète.
Pour les banques françaises, le leasing reste donc un terrain stratégique: moins dépendant du crédit auto classique, plus lié aux usages professionnels et à la transition des flottes.




