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Les particuliers français ont rarement été aussi présents sur les marchés.
Selon le dernier tableau de bord de l’Autorité des marchés financiers, près de 2,5 millions de Français ont passé au moins un ordre sur les marchés boursiers en 2025, un niveau inédit depuis le lancement de cette série statistique élargie.
Le mouvement ne se limite plus aux actions en direct: les ETF deviennent l’un des principaux points d’entrée pour une génération plus jeune, plus mobile et plus habituée aux plateformes paneuropéennes.

Un retour massif vers les actions

Un peu plus de 1,9 million de Français ont acheté ou vendu des actions en 2025, contre 1,5 million un an plus tôt.
La progression atteint 21 %, dans un contexte pourtant marqué par des taux encore élevés, des valorisations parfois exigeantes et une volatilité régulière sur les grandes places européennes.
Le signal est important pour la place de Paris: sur la période 2021-2025, plus de 3,8 millions de particuliers ont réalisé au moins une transaction sur actions.

L’activité s’est aussi intensifiée en volume.
L’AMF recense 56 millions de transactions sur actions réalisées par des particuliers en 2025, après 41 millions en 2024.
Cette hausse traduit moins un simple effet de curiosité qu’une installation plus durable des comportements d’investissement, avec des ordres plus fréquents et une concurrence accrue entre courtiers.

Les ETF changent la profondeur du marché

Le chiffre le plus spectaculaire concerne les fonds indiciels cotés.
Plus de 1,1 million de Français ont réalisé au moins une transaction sur ETF en 2025, soit une hausse de 83 % sur un an.
En cinq ans, le nombre d’investisseurs concernés a presque été multiplié par cinq, signe que la gestion indicielle sort progressivement d’un public d’initiés.

Le nombre de transactions sur ETF a doublé à 14,4 millions en 2025, contre 6 millions en 2024.
Pour les épargnants, ces produits combinent diversification, frais souvent réduits et accès rapide à des indices mondiaux ou sectoriels.
Pour les intermédiaires financiers, ils deviennent un levier commercial majeur, notamment auprès des clients qui commencent avec de petits montants.

Une clientèle plus jeune et plus européenne

Le profil des investisseurs évolue nettement.
L’âge moyen des investisseurs en actions est passé de 51 ans au quatrième trimestre 2024 à 48 ans un an plus tard.
Sur les ETF, le recul est encore plus visible, de 41 à 38 ans.
Cette baisse confirme l’effet des applications de courtage, de la pédagogie financière en ligne et de la banalisation de l’investissement programmé.

Autre bascule: une part croissante des ordres transite par des établissements situés dans l’Union européenne hors de France.
Ces prestataires ont représenté 26 % des transactions sur actions et 47 % des transactions sur ETF en 2025.
Chez les nouveaux investisseurs, ils sont même majoritaires pour les actions, avec 61 % des premiers achats recensés par l’AMF.

Un enjeu de protection autant que de croissance

Ce dynamisme peut renforcer le financement de l’économie, mais il oblige aussi les acteurs à mieux encadrer l’entrée en Bourse.
Les investisseurs débutants peuvent sous-estimer la concentration sectorielle, le risque de change ou la différence entre un ETF large et un produit plus complexe.
La montée des plateformes transfrontalières rend également la lisibilité des frais, de la fiscalité et des règles de protection plus importante pour les ménages français.

Pour Finnewz, le message est clair: la Bourse française ne se résume plus aux grands portefeuilles patrimoniaux.
Elle attire désormais une base plus large, plus jeune et plus sensible aux coûts, ce qui pourrait durablement modifier la distribution de l’épargne en France.