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L’assurance vie française démarre 2026 sur un rythme rarement observé, portée à la fois par le retour des fonds en euros et par la progression continue des unités de compte.
Selon les données publiées par France Assureurs, les cotisations ont atteint 18,3 milliards d’euros en mars, un record pour ce mois de l’année et une hausse de 17 % sur un an.
Le signal est important pour les assureurs, mais aussi pour les banques, les sociétés de gestion et les ménages qui arbitrent entre rendement, sécurité et horizon de retraite.

Un trimestre très porteur pour l’épargne assurantielle

Sur les trois premiers mois de 2026, les versements en assurance vie s’élèvent à 57 milliards d’euros, soit 6,9 milliards de plus qu’au premier trimestre 2025.
La collecte nette atteint 19,3 milliards d’euros depuis janvier, supérieure de 5,7 milliards à celle enregistrée un an plus tôt.
Cette dynamique montre que le produit reste central dans le patrimoine financier des Français, malgré la concurrence des livrets réglementés, des comptes à terme et des placements boursiers accessibles en ligne.

Le mois de mars résume cette accélération.
Les prestations se sont établies à 12,3 milliards d’euros, en hausse plus modérée de 4 %, ce qui laisse une collecte nette mensuelle de 6 milliards d’euros.
France Assureurs précise qu’il s’agit du meilleur mois de mars depuis 2010 pour cet indicateur, un niveau qui confirme le regain d’appétit pour l’épargne longue.

Les unités de compte gardent l’avantage

La reprise ne repose pas uniquement sur les supports garantis.
Depuis le début de l’année, les unités de compte représentent 41 % des cotisations et captent 15 milliards d’euros de collecte nette, contre 4,3 milliards pour les fonds en euros.
Cette répartition traduit une recherche de performance plus affirmée, alors que les marchés actions et obligataires restent volatils et que les assureurs cherchent à diversifier les allocations proposées aux clients.

Pour les distributeurs, cette évolution augmente l’enjeu de pédagogie.
Les unités de compte peuvent intégrer des fonds actions, obligataires, immobiliers ou thématiques, mais leur capital n’est pas garanti.
La promesse commerciale doit donc rester alignée avec le profil de risque, l’horizon de placement et la capacité de l’épargnant à accepter des baisses temporaires de valorisation.

Le PER confirme son installation

Le Plan d’épargne retraite assurantiel accompagne cette tendance, sans connaître la même accélération que l’assurance vie classique.
Au premier trimestre, les cotisations hors transferts atteignent 3,3 milliards d’euros pour 240 600 nouveaux PER souscrits.
La collecte nette ressort à 2,1 milliards d’euros, en hausse de 3 % sur un an, tandis que l’encours total atteint 114,8 milliards d’euros à fin mars.

Cette progression intéresse directement les employeurs et les assureurs, car l’épargne retraite devient un outil de fidélisation autant qu’un produit patrimonial.
La montée des dispositifs collectifs pourrait aussi renforcer le financement de long terme de l’économie française, à condition de conserver des frais lisibles et des options de sortie compréhensibles pour les salariés.

Un marché redevenu stratégique

L’encours total de l’assurance vie atteint désormais 2 115 milliards d’euros, en hausse de 4,6 % sur un an.
À cette échelle, chaque mouvement de collecte influence la capacité des assureurs à investir dans les obligations, les entreprises, l’immobilier ou les infrastructures.
Pour 2026, le vrai test sera la qualité de cette collecte: durable, diversifiée et compatible avec une protection claire des épargnants.