La croissance française resterait limitée à environ 0,1 % au troisième trimestre 2026, tandis que les trésoreries des entreprises se dégradent, selon l’enquête de la Banque de France publiée le 12 octobre.
Ce contraste souligne la fragilité d’une progression de l’activité qui ne s’accompagne pas d’une amélioration des conditions d’encaissement et de marge.
L’activité progresse sans desserrer les tensions financières
Interrogés du 27 septembre au 5 octobre, environ 8 500 entreprises ou établissements décrivent un mois de septembre contrasté.
L’industrie progresse moins fortement qu’attendu, les services marchands accélèrent et le bâtiment évolue peu.
L’aéronautique bénéficie d’une activité soutenue, alors que plusieurs branches industrielles manquent de débouchés.
La progression d’ensemble recouvre ainsi des situations commerciales différentes.
Les trésoreries se détériorent légèrement dans l’industrie et davantage dans les services, notamment avec l’allongement des délais de paiement dans certaines activités professionnelles.
L’enquête distingue ainsi l’évolution de l’activité de celle des trésoreries, avec une dégradation signalée dans l’industrie comme dans les services.
Les entreprises industrielles interrogées signalent également un renchérissement des intrants, dont la répercussion limitée sur les prix de vente pèse sur les marges.
La tension porte à la fois sur les encaissements et sur la rentabilité des ventes.
Pour octobre, les dirigeants prévoient une accélération industrielle, une progression moins rapide des services et une quasi-stabilité du bâtiment.
Ces anticipations ne sont pas des résultats observés ; la hausse trimestrielle du PIB reste elle-même une estimation combinant enquête et autres indicateurs.
Les projections prévoient une accélération après 2026
Les projections publiées le 15 septembre par la Banque de France apportent un contexte antérieur à cette enquête.
Pour 2026, le scénario central retient une hausse de 0,4 %.
La croissance prévue atteindrait ensuite 0,9 % en 2027 et 1,2 % en 2028.
La prévision pour 2026 baisse de 0,1 point par rapport à juin.
Ces chiffres ne constituent pas une nouvelle révision d’octobre.
Pour l’année 2026, la faiblesse de la consommation et les décisions différées des entreprises pèseraient sur la croissance.
Le scénario décrit aussi des freins à l’investissement privé : conditions de financement et incertitude sur le budget.
La perspective d’une croissance plus rapide les années suivantes demeure donc compatible avec des décisions d’équipement encore contraintes dans la projection pour 2026.
L’énergie et le budget conditionnent la trajectoire
Le cadrage technique de l’Eurosystème est daté du 19 août 2026.
Les comptes détaillés du deuxième trimestre, diffusés le 28 août, sont également pris en compte.
Pour l’énergie, les hypothèses associent un pétrole en baisse à un gaz plus cher, dont le prix refluerait à compter de mi-2027.
Les hypothèses budgétaires incorporent principalement les gels de crédits annoncés en juillet pour 2026 et un ajustement structurel primaire conventionnel pour 2027-2028.
La Banque de France souligne des risques défavorables liés au conflit au Moyen-Orient et à l’énergie.
L’accélération projetée dépend de ce cadre d’hypothèses, alors que l’enquête d’octobre décrit les tensions signalées par les entreprises.
Sources
Banque de France — Enquête mensuelle de conjoncture, début octobre 2026
Banque de France — Projections macroéconomiques intermédiaires, septembre 2026
Photo : Boubloub — CC0 ; redimensionnement et conversion WebP




