Le marché de l’épargne retraite française connaît une dynamique de fond, particulièrement auprès des jeunes générations. Ce secteur, porteur d’une croissance significative, est en pleine mutation structurelle, poussé par des obligations réglementaires qui redéfinissent l’allocation des fonds. L’enjeu est de taille pour les épargnants et pour les gestionnaires de patrimoine.
La montée en puissance des PER et le changement de paradigme
Le Plan d’épargne retraite (PER) affiche des chiffres impressionnants, atteignant 141 milliards d’euros d’encours et comptant 12,7 millions de titulaires à fin février 2026.
Cette tendance est particulièrement visible chez les moins de 35 ans, dont plus de la moitié envisagent sérieusement une souscription.
Cependant, le produit évolue. Depuis le 24 octobre 2024, les PER gérés en mode piloté doivent intégrer une part minimale d’actifs non cotés.
Cette modification, initiée par la loi Industrie verte, ne concerne que les nouveaux contrats et les adhésions récentes.
Elle marque un tournant dans la composition des placements retraite.
L’obligation de pondération vers l’actif non coté
Le mécanisme est progressif et vise à intégrer la prime d’illiquidité, censée rémunérer au mieux l’épargne à long terme.
Le dispositif de gestion pilotée, mode par défaut depuis la loi Pacte de 2019, impose des seuils stricts d’allocation.
Ces seuils varient selon le profil de risque choisi par l’épargnant.
Pour un profil dynamique, le quota d’actifs non cotés atteint son maximum de 12 % lorsque l’horizon de retraite dépasse les vingt ans.
Cette proportion augmente avec le temps, une logique qui favorise les jeunes actifs.
Cette évolution est stratégiquement intéressante pour les pouvoirs publics, car les moins de 40 ans montrent un fort intérêt pour cette classe d’actifs.
Ils affichent en effet un taux favorable de 81 % et une volonté d’investissement significative.
Les gestionnaires doivent désormais ajuster l’allocation entre actifs sécurisés et actifs plus risqués en respectant cette nouvelle règle de plancher.
Cette tendance confirme la maturité du marché et la professionnalisation des placements retraite en France.




