Les perspectives de croissance mondiale font face à un vent de ralentissement marqué, poussant les institutions financières à revoir leurs prévisions à la baisse.
La Banque mondiale anticipe une croissance globale de 2,5% en 2026, un niveau jamais aussi bas depuis la crise du Covid-19.
Ce recul, de 0,4 point par rapport à l’année précédente, signale un environnement économique global sous pression.
Les acteurs financiers surveillent de près les tensions géopolitiques, qui pèsent de manière significative sur les chaînes d’approvisionnement et les prix des matières premières.
Les chocs des matières premières au cœur des inquiétudes
L’alerte principale concerne la volatilité des prix de l’énergie et des intrants agricoles.
La guerre au Moyen-Orient est identifiée comme un facteur central de cette décélération.
Elle tire notamment la hausse des coûts du pétrole, du gaz, des plastiques et des engrais.
L’institution financière souligne que si les tensions devaient persister, le risque de ralentissement pourrait atteindre 1,3%.
Par ailleurs, l’inflation mondiale est projetée à 4%, un chiffre qui pourrait exploser au-delà de 4,4% si le prix du baril de pétrole atteignait 115 dollars.
Un tel choc énergétique pourrait rapidement éroder la confiance des marchés financiers.
Divergences régionales et réaction des banques centrales
Le tableau de bord économique révèle des disparités marquées entre les grandes puissances.
La zone euro, par exemple, devrait connaître un fort ralentissement, avec une croissance attendue de seulement 0,8%, contre 1,4% en 2025.
De son côté, la croissance américaine devrait se stabiliser autour de 2,2%, avant un possible fléchissement.
En Chine, un ralentissement est également anticipé, avec une croissance prévue à 4,2%.
Néanmoins, l’Inde est mise en avant comme moteur de croissance, devant maintenir un rythme élevé de 6,6%.
Face à cette inflation alimentée par les tensions, la Banque centrale européenne (BCE) a récemment relevé ses taux directeurs pour la première fois depuis près de trois ans.
L’économiste en chef de la Banque mondiale rappelle que l’économie mondiale est aujourd’hui moins résiliente qu’en 2008 ou même en 2018, et que des taux d’intérêt élevés et l’incertitude politique domineront les années à venir.




